Si Valentine, passionnée d’aviation, se voyait plutôt parmi les nuages, elle a désormais les pieds sur terre et les mains dans la farine ! A la frontière entre l’Orne et le Calvados, elle mène son exploitation céréalière depuis ses 18 ans. En 2024, elle se lance un nouveau défi, celui de valoriser elle-même son blé.

 

Une révélation

A la sortie du collège, c’est l’aviation qui est dans le viseur de Valentine. Elle se dirige donc vers un lycée général mais n’y trouve pas ses marques. Perdu dans cet établissement trop grand et citadin, elle fait marche arrière et regagne les bancs de l’agriculture, sa seconde passion. Pour ce faire, elle rejoint le lycée agricole de Sées dont l’ambiance familiale sera une véritable révélation pour elle et confirmera son choix dans le domaine agricole. Après un bac STAV, elle poursuit ses études par un BTS ACSE à Mayenne avec une formule 4 jours de cours et une journée de stage. « J’ai effectué un stage à la linière de Cagny, au concessionnaire Lesieur ou encore pour le groupe Krone France. J’ai appris plein de choses, c’était très intéressant ».

C’est durant cette période que l’opportunité de s’installer se présente. 58 ha sont disponibles à la location à proximité de la ferme familiale. C’est initialement son frère, installé avec son père en polyculture et élevage de taurillons, qui candidate mais celui-ci n’est plus prioritaire. Valentine se projette. Sa candidature acceptée, elle s’installe donc seule le 1er août 2021.

 

Vivre de son métier

Malheureusement la surface ne lui permet pas de vivre pleinement de son activité. Dans un premier temps, elle cherche à consolider l’exploitation mais l’opportunité ne se présente pas. Elle cherche donc à créer de la valeur ajoutée avec l’existant, l’idée de transformer son blé en farine commence à germer.

« Un jour j’ai essayé de faire de la farine avec un robot de cuisine, ça n’a rien donné. J’ai ensuite essayé avec un vieux moulin à café et un tamis. J’ai commencé à me renseigner et prendre des infos sur le fonctionnement d’un moulin. » Finalement le projet met un an à prendre forme. Pendant cette année, elle effectue plusieurs visites dont une chez un paysan-boulanger chez qui elle apprendra les bases de la boulangerie. Leur retour d’expérience lui permet de déterminer son choix de moulin, une meule en pierre pour préserver les qualités nutritionnelles, puis celui de l’entreprise et de chiffrer son projet. En parallèle, elle monte un dossier de subvention auprès de la Région Normandie pour obtenir un soutien.

Au printemps 2024, elle va chercher son moulin à Bourg en Bresse et le met en route. Elle teste ensuite sa farine avec l’aide d’un ancien boulanger et propose des échantillons pour que ses potentiels clients testent le produit. Tout ça sous l’oeil de la caméra de TF1 venu filmer la jeune femme dans le cadre d’un reportage sur les agricultrices (voir dernier paragraphe).

 

Une farine qui franchit les frontières !

Aujourd’hui Valentine a atteint ses objectifs de commercialisation. Entre 2 et 3 tonnes de farine sont vendues chaque mois auprès de boulangeries, restaurants, épiceries et particuliers. « Je travaille principalement avec 9 boulangeries de l’Orne et du Calvados et même une du Nord (Hazbrouck). La maison Radufe à Falaise écoule 80 baguettes par jour qui sont fabriquées à partir de ma farine ».

Et le succès ne s’arrête pas là, les demandes viennent désormais de Paris, Ajaccio, de Belgique et même d’Italie. Pour y répondre, Valentine a mis en place un système de vente en ligne via son site internet qui devrait sortir prochainement. L’idée est de voir comment réagit cette nouvelle clientèle et de fidéliser les débouchés pertinents.

 

Plusieurs métiers en un

“C’est en faisant qu’on apprend” pourrait être la formule de Valentine. La jeune femme a suivi une formation à la Chambre d’Agriculture sur la vente en circuits-courts mais précise qu’elle apprend beaucoup sur le tas. En effet, la commercialisation, la communication, la relation client etc sont autant d’aspects nouveaux pour elle. Dans une vidéo dédiée au sujet, elle livrera quelques conseils et points de vigilance pour toutes les personnes qui souhaiteraient se lancer. Mais elle veut surtout avoir un message positif et encourageant !

 

Agricultrices : entre passion et défis

En amont du Salon de l’Agriculture, TF1 a consacré son Grand Reportage aux parcours d’agricultrices de différentes régions. Deux épisodes dans lesquels vous pourrez retrouver Valentine en plein lancement de son projet de meunerie !

Un reportage qui fait du bien, comme le prouvent les nombreux messages de soutien qu’elle a reçu. “Je préfère montrer ce que je fais plutôt que d’avoir des discours “féministes”. On a assez montré nos problèmes, il est temps de mettre en lumière ce que l’on sait faire !”