La Normandie est une région agricole majeure, reconnue pour la diversité et la qualité de ses productions. Depuis plusieurs années, les circuits courts connaissent un intérêt croissant de la part des consommateurs comme des producteurs, répondant à la fois à des enjeux de souveraineté alimentaire, de transition écologique et de proximité sociale. Dans ce contexte, la production de légumes en circuits courts s’impose progressivement comme un pan essentiel de l’alimentation locale. Cet article propose un panorama structuré de la filière, illustré par des chiffres récents et une analyse du fonctionnement des circuits courts dans la région.
La production de légumes en Normandie, les chiffres clés
Selon le recensement agricole de 2020, la région comptait 1 250 exploitations produisant des légumes.
En 2024, la Normandie a cultivé 8 800 hectares de légumes, représentant près de 4% des surfaces de légumes de France.
- 57 % des surfaces légumières normandes sont des carottes, des choux, des poireaux et des salades
- 26 % des poireaux produits en France viennent de Normandie
- 1,4 % des exploitations normandes sont spécialisées en culture de légumes et champignons
- 1 500 hectares de surfaces de légumes, certifiées et en conversion bio
Source Agreste – Statistique Agricole Annuelle 2024 et agence Bio
Panorama du secteur maraîcher en Normandie
Le maraîchage normand est loin d’être uniforme. On distingue :
- Des exploitations spécialisées en légumes de plein champ (carottes, poireaux, choux, oignons…). Leurs débouchés commerciaux sont en circuits longs.
- Des exploitations de maraichage diversifié. Ces exploitations proposent une gamme large et variée et leurs débouchés commerciaux sont en circuits-courts.
La surface agricole utilisée (SAU) moyenne d’une exploitation maraîchère normande est estimée entre 15 et 25 hectares, mais la surface réellement dédiée aux légumes est nettement plus faible, généralement entre 5 et 10 hectares par exploitation.
Cette différence s’explique par la présence fréquente : de prairies, de rotations de grandes cultures, ou d’activités mixtes (polyculture-élevage + légumes)
Source Mémento de la statistique agricole 2025 : Les chiffres clés de l’agriculture normande
Répartition géographique et zones de production clés en Normandie
Le principal bassin légumier normand est la Manche, avec près de 62% des surfaces de légumes.
Les productions se concentrent sur le littoral, dans trois bassins complémentaires :
- Le val de Saire
- La côte Ouest
- La Baie du Mont Saint Michel
Les autres zones de culture légumières sont situées sur les plateaux de polyculture de l’Eure, de la Seine Maritime et du Calvados.
Les circuits courts, qu’est‑ce que c’est ?
Selon la définition officielle, les circuits courts sont des modes de commercialisation des produits agricoles avec au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur.
Les circuits courts peuvent ainsi inclure la vente à la ferme, les marchés, les AMAP, mais aussi la vente via des magasins de producteurs ou restaurateurs.
La vente en circuits courts permet de répondre aux attentes de certains consommateurs qui sont sensibles à :
- La provenance locale
- Le mode de production (Bio, HVE …)
- Le contact direct avec les producteurs
- La qualité nutritionnelle
Nous pouvons distinguer 2 modes de ventes en circuits courts :
- La vente ultra-directe via les marchés, la vente à la ferme et les cueillettes.
- Les circuits courts intermédiés qui regroupent les AMAP, les magasins de producteurs ou les drives.
Poids économique de la vente directe dans la région
Si les grandes cultures restent largement majoritaires, les circuits courts pèsent de plus en plus dans l’économie régionale.
D’après le recensement agricole de 2020, 4 000 exploitations, soit 15% des exploitations normandes (toutes productions confondues) commercialisent en circuits courts.
La vente en circuits courts est très largement plébiscitée par les exploitations maraichères. Toujours d’après le recensement agricole de 2020, 80% des exploitations spécialisées en légumes et champignons commercialisent leurs produits en circuits-courts (contre 70% au niveau national).
Pour fixer son prix le producteur doit prendre en compte différents points comme :
- Connaitre ses coûts de production et son prix de revient
- Quelle rémunération souhaite-t-il ?
- Quels sont les prix du marché, pratiqués par les collègues ?
Les canaux de vente directe privilégiés sont la vente directe à la ferme et la vente sur les marchés.
La vente en circuits courts et notamment la vente directe permet au producteur une meilleure valorisation de son travail et une meilleure marge.
Les coûts de livraison sont variables d’un producteur à l’autre et sont très souvent sous-estimés. Le coût global de la logistique dans une exploitation en circuits courts peut représenter jusqu’à 50% de son coût.
L’outil Logicout permet d’aider les producteurs à connaître le coût de leur livraison et ainsi de mieux les optimiser.
Les circuits courts génèrent en moyenne +0,8 ETP dans les exploitations engagées, illustrant leur capacité à créer de l’emploi local.
Source : [draaf.norm…re.gouv.fr]
La production de légumes en circuits courts en Normandie est une filière dynamique, diversifiée et en progression. Portée par des consommateurs en quête de proximité et de qualité, elle s’appuie sur un tissu d’exploitations variées et sur des modèles de vente complémentaires, allant de l’ultra‑direct à l’intermédié.
Les chiffres témoignent d’un secteur en structuration, capable de créer de l’emploi et de renforcer le lien entre producteurs et habitants.
La Normandie dispose donc d’atouts solides pour poursuivre cette croissance et faire des circuits courts un pilier durable de son agriculture légumière.

