Nous avons beaucoup était aidé par le cédant nous, cependant les débuts ont été très difficiles. Avec des installations vieillissantes tombant souvent en panne et avec mes jeunes enfants, je courais tout le temps. Il m’arrivait de repartir travailler à la ferme après mais être cheffe d’exploitation, c’est encore un autre métier. Il faut savoir tout réaliser. J’ai dû me former rapidement pour apprendre à conduire un tracteur, à réparer, à gérer le quotidien.
Ce qui m’a motivé, c’est un projet qui me ressemblait davantage : la vente directe. Depuis toujours, je voulais créer un magasin collectif de producteurs, un projet que j’ai pu concrétiser à la ferme. Au départ nous vendions un porc tous les quinze jours en caissettes. Maintenant dans mon village de 700 habitants, avec 60 à 100 clients par semaine, des produits d’autres producteurs du territoire et une salariée pour m’accompagner, ce magasin est devenu un véritable commerce de proximité, un lieu de vie plébiscité par tous. Dans ce rôle d’entrepreneuse, de créatrice de lien, je me sens à ma place. Ce que j’aime, ce n’est pas seulement vendre, mais aussi bâtir un réseau, travailler avec d’autres.
En 2024, mon mari m’a rejoint officiellement sur l’exploitation. Aujourd’hui, nous sommes complémentaires et avançons ensemble, en partageant les décisions et les responsabilités.
Mon conseil aux futures installées, c’est de prendre le temps. Avant de se lancer, il faut accumuler des expériences, apprendre sur le terrain, voir différentes façons de faire. L’école ne suffit pas, et s’installer trop tôt, c’est prendre le risque de se retrouver dépassée. Quand on est prête, ce métier peut être une aventure extraordinaire, mais il faut accepter qu’au départ, il demande beaucoup. «