« J’avais besoin d’y voir plus clair sur les possibles et de me confronter à la dure réalité de ces métiers »
Chaque année, le Réseau des CIVAM Normands propose deux sessions du stage « De l’idée au projet ». L’objectif de ce stage financé par la Région est, à partir d’une idée, de définir un projet d’installation. Témoignage de Nadège Van Loyen stagiaire en 2023.
Qui êtes vous et qu’est ce qui vous a poussé à réaliser cette formation?
Je m’appelle Nadège, j’ai maintenant 49 ans et je suis sortie il y a 3 ans de 22 ans d’Education Nationale. Suite à une démission, je cherchais à me reconvertir dans le domaine de l’agriculture biologique, avec des idées assez floues sur ces métiers. Je venais de rejoindre un espace-test maraîcher et c’est là que j’ai eu connaissance de cette formation, avec un a priori très favorable de nos encadrants sur le réseau des CIVAM. Au stade de ma réflexion, cette proposition de stage arrivait à point nommé et le parallèle espace-test / stage « de l’idée au projet » a été pour moi très bénéfique et complémentaire.
Quelles étaient vos attentes en début de formation?
J’avais besoin d’y voir plus clair sur les possibles et de me confronter à la dure réalité de ces métiers. Pour être tout à fait honnête, je cherchais peut-être à me décourager de persister dans cette voie (vu mon âge, la conjoncture…). Mais c’est plutôt le contraire qui s’est produit et j’en suis ravie.
Quel a été le contenu de la formation, et quels sont les points qui vous ont le plus marqué·e (points théoriques, animations, rencontres, échanges sur un sujet particulier…)?
Il y a eu au début une mise en place assez longue sur les règles de communication au sein du groupe qui a très certainement largement contribué à instaurer une cohésion et une grande bienveillance au sein de ce groupe. Je ne crois pas exagérer en affirmant que ces journées de stage ont été vécues par beaucoup d’entre nous comme un soutien très important, un temps d’entraide et d’écoute, d’encouragements qui permettaient de recharger les batteries lorsque ce parcours du combattant s’avérait par trop décourageant pour certains d’entre nous. Les profils et les projets ainsi que leur stade d’avancée étaient très différents et l’apport du groupe a vraiment été énorme, très « porteur » et encourageant, tout comme l’instauration d’un certain climat de travail par l’animatrice, très progressif, avec une grande place laissée à la réflexion et à la prise de recul sur nos valeurs et le pourquoi on choisit cette voie, en individuel mais aussi en tandem, ce qui était très éclairant ; cela a posé des bases essentielles auxquelles on peut toujours se référer lorsqu’on perd de vue les raisons profondes qui nous ont fait choisir cette voie. Il a été bluffant pour moi de constater que ces ateliers ont été plus révélateurs et m’ont bien plus appris sur moi-même que le bilan de compétences que j’avais effectué l’année passée. La visite de la ferme a aussi été un moment très marquant. Les sessions sur les statuts, le parcours à l’installation, les prévisionnels ont aussi largement répondu à nos attentes.
Comment avez-vous vécu la formation dans son ensemble (animations, ambiance, relation avec les autres porteur·euse·s de projet…)?
Je crois pouvoir dire que les journées de stage ont toujours été attendues impatiemment par la plupart d’entre nous. Que nous soyons en activité ou en formation ou engagés dans un début d’installation, chaque journée constituait un temps à part pour penser le projet, prendre du recul, le confronter au regard des autres, recevoir leurs encouragements ou leurs questionnements bienvenus… Le groupe et les différents animateurs nous ont toujours apporté un soutien appréciable, une écoute attentive et bienveillante, les échanges étaient très riches.
Trois animateurs différents nous ont pris en charge, avec des approches différentes et finalement très complémentaires.
Que retirez-vous de cette formation? Quel impact a-t-elle eu sur la suite de votre projet?
Ce que je retire de cette formation, c’est l’impression qu’une installation agricole est certes compliquée (un vrai parcours du combattant), mais néanmoins accessible, voire faisable. Au final, ce qu’on a appris, les visites, les retours du jury, les expériences relatées par les autres membres du groupe… m’auront plutôt incitée à persévérer, en parallèle avec mon année en espace-test qui a progressivement pris un virage vers la production de plants bio., que je poursuis depuis 2 ans maintenant. Tout en sachant qu’on parle de « métier-passion », version positive de « chronophage et peu rémunérateur ». Tous les documents réunis, les pistes évoquées… constituent pour moi une base rassurante au projet d’installation. Le stage aura permis de brosser une vue d’ensemble sur une installation et de révéler les aspects à creuser.