L’agriculture normande est présente sur 70 % des sols normands, en surface c’est la première place des Régions agricoles françaises. Ces cinq départements sont différents, des portes du bassin parisien au littoral de la Manche, et offrent la possibilité de multiples paysages( plaine, mer, bocage, prairie, forêt) et de sols riches. Cette diversité permet d’envisager tout type de production. Ces grandes villes et sa proximité avec Paris permettent d’envisager des débouchés proches.

Le renouvellement des générations en agriculture normandes permet l’installation de nouveau projet en créant de nouvelles structures ou en reprenant des existantes. Ou vous pourrez implanter des ateliers diversifiés pour vous démarquer : la culture de plantes aromatiques, des légumes secs, la citriculture, les productions issues de la mer ou encore dans le domaine de l’équin.

Niche 1 : Les plantes aromatiques, médicinales et à parfum (PPAM)

En Normandie, les plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) séduisent de nombreux porteurs et porteuses de projets souhaitant s’installer autrement. Adaptées au climat tempéré et souvent peu gourmandes en surface, ces cultures permettent de diversifier une ferme ou de créer une activité à taille humaine, cohérente avec des pratiques agricoles durables.

S’installer en agriculture 

La valeur ajoutée des plantes locales repose largement sur la transformation : séchage pour tisanes, distillation pour hydrolats ou huiles essentielles, fabrication de macérats ou de cosmétiques naturels. Grâce à un atelier à la ferme ou mutualisé, les producteurs peuvent valoriser de petites surfaces et proposer des produits identitaires très appréciés en circuits courts.

La filière PPAM recherche principalement des producteurs et cueilleurs bio, capables de cultiver, récolter et parfois cueillir en milieu naturel de manière raisonnée. Ces mêmes producteurs sont souvent aussi transformateurs, maîtrisant le séchage, la distillation, le conditionnement ou la formulation de produits bien-être et cosmétiques. Ces compétences techniques sont centrales pour garantir la qualité et assurer la viabilité économique des ateliers.

Accessible, évolutive et porteuse de sens, la filière PAM offre aujourd’hui une voie prometteuse pour entreprendre en Normandie.

Le CFPPA du Robillard offre deux UCARE en présentiel, le Naturapôle digital d’Yvetot propose des modules équivalents en distanciel, Le réseau des CIVAM Normands organise également une formation de 3 jours pour préciser son projet.

Niche 2 : Le retour des légumes secs et des protéagineux

Le marché mondial des légumineuses progresse de 3 % par an, mais la consommation française reste faible : moins de 2 kg par habitant contre 7 kg au début du XXIe siècle et deux fois moins qu’en Europe. Pourtant, elles sont riches en protéines, fer et minéraux, bénéfiques pour la santé, et répondent aux besoins en protéines végétales pour l’alimentation animale, domaine où la France dépend fortement des importations, notamment de soja.

Sur le plan agronomique, elles n’exigent pas de fertilisation azotée, diversifient les assolements, limitent maladies et ravageurs, et améliorent la vie biologique des sols. Cependant, leur production est plus coûteuse qu’à l’étranger, où les normes sont moins strictes. Elles sont sensibles aux aléas climatiques, entraînant des rendements instables, mais la recherche variétale progresse. Les faibles volumes augmentent aussi les coûts de collecte et stockage, les plaçant en concurrence avec les céréales et des cultures à forte valeur ajoutée comme le lin fibre en Normandie.

J’ai un projet en agriculture biologique

Pour soutenir ces cultures, l’aide couplée aux légumineuses à graines et fourragères (protéagineux, soja, légumes secs) s’élevait à 122 €/ha en 2024. Elles facilitent également l’accès à l’écorégime de niveau 2 grâce à un système de points plus favorable que les céréales.

Le marché des légumineuses offre une opportunité, bien que restant un secteur de niche. Il exige une expertise agronomique et un suivi régulier. Pour sécuriser les revenus, la contractualisation avec des coopératives est recommandée. Les circuits courts sont aussi porteurs, à condition de maîtriser le marketing et de proposer une gamme variée.

 Niche 3 : La Filière Équine, l’excellence Normande !

La Filière Équine, l’excellence Normande !

La Normandie, terre d’élevage : Haras nationaux et courses

La Filière équine en Normandie se distingue par une densité exceptionnelle d’élevages de haut niveau : trotteurs, galopeurs et chevaux de sport, incarnant l’âme de la région. Avec des pôles d’excellence comme le Haras national du Pin et le centre hippique de Saint-Lô, elle renforce sa réputation mondiale. Ces structures historiques et modernes constituent un soutien concret à l’attractivité économique et aux dynamiques d’innovation locale.

Les métiers qui recrutent fort

Le recrutement secteur agricole dans la filière équine présente des opportunités importantes. D’après la dernière étude d’Equiressource « le marché du travail dans la filière équine en Normandie » :

En 2022, 796 offres ont été déposées en Normandie, soit 25 % des offres nationales.

Plus de la moitié de ces postes sont en CDI (54 %) et 91 % à temps plein.

Au-delà des palefreniers-soigneurs qui représentent 16% des offres, d’autres métiers sont particulièrement porteurs :

Assistant·e d’élevage : 81 offres, soit 10 % du total régional.

Responsable d’élevage, inséminateur, étalonnier : champs porteurs liés à la reproduction et à la gestion des élevages.

Cavalier de débourrage/pré-entraînement galop (23 offres), enseignant·e d’équitation (63 offres), lad-driver/lad-jockey (40 offres), et groom/garçon de voyage (36 offres).

Ces métiers bénéficient souvent d’un accès facilité : 72 % des offres ne requièrent pas un niveau de formation spécifique, et 88 % sont accessibles avec moins de 4 ans d’expérience. Les reconversions, les jeunes diplômés, les agriculteurs ou futurs exploitants y trouveront des perspectives solides, concrètes et structurées dans un contexte régional favorable.

Étude de 12 cas de restructurations-diversifications de fermes d’élevage à la transmission

Niche 4 : Le Cidre et le Calvados bio et haut de Gamme

La Normandie offrent aujourd’hui d’importantes opportunités pour s’installer dans la production cidricole et de cavaldos — d’autant plus qu’un virage vers le bio, le mono-variétal et la “haute qualité” s’accélère. Avec plus de 1 100 ha de vergers certifiés bio, la région reste la première en France pour les pommes à cidre bio. Le développement de cidreries artisanales et de petites exploitations valorisant des pommes anciennes permet de viser un produit haut de gamme, souvent mono-variétal, recherché pour son authenticité et sa typicité. Le secteur recrute à tous les niveaux : arboriculteur, maître de chai, ouvrier en transformation, mais aussi commercialisation (vente directe, circuits courts, gastronomie).

L’agriculture biologique (AB) est un mode de production respectueux de l’environnement, des hommes et des femmes ainsi que du bien-être animal

Niche 5 : L’Aquaculture durable et la pêche à valeur ajoutée

Vous avez plutôt le pied marin, alors pourquoi pas vous lancer dans l’aquaculture. La Normandie possède de belles façades maritimes permettant de pratiquer la conchyliculture. Production désignant l’élevage de coquillages comestibles :

  • L’ostréiculture, l’élevage d’huîtres
  • La mytiliculture, l’élevage de moules
  • La vénériculture, pour l’élevage de palourdes
  • La cérastoculture, pour l’élevage de coques

La Normandie présente des atouts majeurs pour se lancer dans la conchyliculture : des eaux de grande qualité, de fortes marées et un environnement propice à une production performante et durable. La région bénéficie d’un savoir-faire reconnu et d’un réseau professionnel solide, offrant une bonne valorisation sur les marchés. Le secteur permet la reprise d’exploitations, avec des coûts d’élevage faibles. La diversification, les produits transformés et le tourisme gastronomique renforcent son potentiel. Enfin, c’est un métier valorisant, proche de la mer et bénéfique pour les écosystèmes.

La Normandie bénéficie aujourd’hui d’une offre de formation agricole particulièrement riche et structurée dans ce domaine :

https://draaf.normandie.agriculture.gouv.fr/les-etablissements-de-l-enseignement-agricole-en-normandie-a2882.html

Se former et postuler aux métiers agricoles Normands

La Normandie bénéficie  d’une offre de formation agricole particulièrement riche et structurée , véritable atout pour qui souhaite s’installer ou se reconvertir dans ce secteur : lycées agricoles publics et privés, centres de formation d’apprentis (CFA), maisons familiales rurales (MFR), centres de formation professionnelle pour adultes (CFPPA), voire un établissement d’enseignement supérieur :

https://draaf.normandie.agriculture.gouv.fr/les-etablissements-de-l-enseignement-agricole-en-normandie-a2882.html

 

Mot de fin :

La Normandie offre un environnement particulièrement dynamique pour les repreneurs et les néo-ruraux en quête d’un projet porteur de sens. Entre la vitalité de ses filières agricoles, un cadre de vie préservé, la diversité des exploitations disponibles et l’accompagnement proposé par les structures professionnelles, son offre de formations, chacun pourra bâtir un projet qui lui convienne.