Une ferme collective, un premier pas décisif
Le premier contact avec l’agriculture se fait par la Biocoop de Granville, où Barthélémy travaille. Il y rencontre des producteurs locaux et surtout une opportunité s’offre à eux : rejoindre un collectif agricole. Charlotte et Barthélémy embarquent.
« On s’est installés à trois couples sur la ferme. L’idée était belle : mutualiser les outils, vivre ensemble, partager le travail et les décisions. C’était au moment du COVID, il y avait de gros pics de travail et la commercialisation fonctionnait super bien. Au bout de quelque temps, des tensions sont apparues, surtout sur les questions économiques. On n’était pas d’accord sur la viabilité du modèle. Pour nous, à trois familles, ce n’était pas tenable. »
Après plusieurs mois de vie collective intense, ils décident de partir. « Ça a été dur, nous avons créé des liens fort avec ces personnes. Mais on a compris que pour que ça fonctionne, il fallait que ce soit clair, solide, transparent. On n’avait pas envie de se brûler les ailes. »
Se former pour mieux rebondir
Le projet de s’installer mûrit. Mais pas question de s’improviser agriculteurs. « On a cherché des formations. On voulait bien faire les choses. Moi j’ai trouvé un BPREA en maraîchage bio au CFPPA de Coutances, et Barthélémy une formation en arboriculture à distance au CFPPA du Robillard. On voulait combiner les deux compétences : légumes et arbres. ».
Les formations sont exigeantes, mais formatrices. Charlotte enchaîne les cours, les stages, les visites de fermes. « Le CFPPA m’a énormément apporté : des connaissances, mais aussi un réseau. On a visité beaucoup de fermes différentes, on a vu des modèles très divers, ça nous a permis de construire notre propre vision. »
Barthélémy, lui, vit une expérience plus ambivalente. « La formation à distance, ce n’est pas évident. J’étais seul à la maison, je gardais notre fille. J’ai appris, bien sûr, mais je me suis senti isolé. J’ai même traversé une petite déprime. Ce n’était pas simple. »
Ils insistent sur un point clé : « Sans le soutien de la Région, on ne se serait pas installés. Elle a financé nos formations, la DJA, et aujourd’hui encore, on a un dossier en cours dans le cadre de Normandie Agriculture Investissement. Cet appui a été un vrai levier. »
Nos formations longues en agriculture
Nos formations courtes en agriculture
Le parcours administratif : entre freins et soutiens
La phase de préparation administrative débute : plan de professionnalisation personnalisé (PPP), recherche de foncier, aides à l’installation. Et là encore, le chemin n’est pas linéaire.
« On est tombés sur une conseillère qui était très opposée au bio et au maraîchage. Elle nous a quasiment tout refusé en termes de formations. C’était très déstabilisant mais une autre conseillère a vite repris le dossier, ce qui a débloqué beaucoup de choses. »
« Heureusement, nous avons rencontré plusieurs structures comme l’AFOCG, l’ARDEAR, le CIVAM, ou la MSA qui ont été là pour nous guider »
Ils obtiennent finalement leurs aides, leur dossier DJA est validé, le plan d’entreprise passe. « C’est un parcours qui demande beaucoup d’énergie et de persévérance. »
Mobiliser des aides et dispositifs pour mon projet d’installation agricole