Entre consolidation de son exploitation et anticipation des prochaines étapes, Paul-Henry Langlois inscrit son projet dans la durée. Une démarche structurée, pensée pour allier performance, organisation du travail et préparation de l’avenir.

Une exploitation familiale en constante évolution

Installé depuis 2018 à Bailleul-Chavigny, Paul-Henry a fait le choix de créer sa propre structure, en parallèle de l’exploitation familiale. Il travaille néanmoins au quotidien en étroite collaboration avec son père et leur salarié. À son installation, l’ensemble représentait 320 hectares, avant d’évoluer progressivement pour atteindre aujourd’hui 420 hectares.

Le système repose sur deux ateliers complémentaires, les grandes cultures (blé, orge, colza, maïs, tournesol, pois de printemps et lin) et l’élevage de volailles de chair (chapons, poulets, pintades et dindes) dont une partie en Label Rouge. Les productions sont majoritairement commercialisées via les coopératives et négoces locaux.

Mais l’exploitation ne cesse d’évoluer. Soucieux d’améliorer ses pratiques, Paul-Henry intègre progressivement des techniques inspirées de l’agriculture biologique : développement du binage, réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, notamment grâce au labour, et diversification des cultures, avec par exemple l’introduction du lin cette année.

Une approche pragmatique qui vise à concilier performance économique et adaptation aux enjeux actuels.

Un parcours construit autour de sa passion pour l’élevage

Issu du milieu agricole, Paul-Henry a grandi sur la ferme familiale. Très tôt, il développe un intérêt pour le métier, qui orientera naturellement ses choix de formation.

Après un bac STAV au lycée Édouard de Chambray (Eure), il poursuit avec un BTS Production végétale dans le Calvados. Il complète ensuite son parcours par un certificat de spécialisation en aviculture, réalisé en apprentissage dans la Sarthe.

Une expérience à l’étranger, en Belgique, sur une exploitation laitière, viendra conforter ses choix :
elle confirme son manque d’attrait pour la production laitière et renforce sa volonté de s’orienter vers l’aviculture.

l’expérience pratique ou par l’enseignement formel, la formation dans le domaine agricole est une étape essentielle pour réussir dans cette aventure.

Je me forme au métier

Une installation réfléchie et un pari sur la diversification

Lorsque Paul-Henry rejoint l’exploitation familiale, celle-ci compte déjà 250 hectares de cultures et un atelier de chapons. Mais dans un contexte d’accès au foncier limité, il doit imaginer un projet viable pour s’installer. Son choix : créer de la valeur autrement.

Il décide alors de développer l’atelier volailles en construisant quatre nouveaux bâtiments de 400 m² chacun. Un projet innovant pour son territoire, pour lequel il a pu bénéficier d’aides à l’investissement de la région Normandie avec le Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles (PCAEA)*, ainsi que de la DJA (Dotation Jeune Agriculteur).

Quelles sont les aides en Normandie ?

Son parcours à l’installation (PAI, PPP, stage 21h, Plan d’Entreprise) lui permet également de se former, notamment en agroécologie, et de bénéficier d’un accompagnement important dans ses démarches.

Comment se faire accompagner en Normandie ?

Aujourd’hui, cette diversification s’intègre pleinement dans l’organisation de la ferme :
l’automatisation des bâtiments permet de concilier efficacement élevage, cultures, vie privée mais aussi engagement professionnel.

*Le PCAEA est aujourd’hui Normandie Agriculture Investissement (NAI).

Un projet assumé, tourné vers l’avenir

Paul-Henry se dit aujourd’hui fier de son installation. Il a su construire un projet qui lui ressemble, en développant une voie différente de celles que l’on retrouve habituellement dans sa région. Il n’oublie toutefois pas le soutien dont il a bénéficié, à commencer par celui de son père qui s’est montré ouvert à ses idées nouvelles.

Cette vision se prolonge naturellement dans ses perspectives d’avenir. Les prochaines années seront consacrées à consolider les ateliers existants et à accompagner les évolutions de l’exploitation. L’un des enjeux majeurs sera d’anticiper le départ à la retraite de son père, avec l’embauche prévue d’un salarié pour assurer la continuité.

Parallèlement, Paul-Henry envisage de renforcer les infrastructures, notamment avec la création d’un nouveau bâtiment de stockage pour répondre au manque de place actuel. Ce projet pourrait également intégrer l’installation de panneaux solaires, dans une logique d’adaptation et de valorisation de l’exploitation.

Une trajectoire qui reflète une volonté claire : pérenniser l’existant tout en continuant à faire évoluer son outil de travail.

Ses conseils aux (futurs) installés :

Fort de son expérience, Paul-Henry partage plusieurs conseils à destination des jeunes qui souhaitent se lancer :

  • Anticiper au maximum ses projets pour éviter les mauvaises surprises
  • Ne pas avoir peur de faire évoluer ses idées : abandonner un projet ou en démarrer un autre fait partie du parcours
  • S’ouvrir sur l’extérieur : aller voir ce qui se fait ailleurs, notamment à l’étranger, via des stages ou du salariat
  • Rejoindre des réseaux agricoles pour échanger, confronter ses idées et mieux comprendre les réalités du terrain